Dans les prémisses de l’open source, non. Il est tenu pour acquis. On développe idéalement par besoin en premier et par passion pour la longévité. On arrête par exaspération.
Parfois j’ai peur que l’open source meurt et que ses développeurs se fassent vraiment exploités. Trop souvent on lit ou entend que “c’est gratuit”. C’est vrai que dans le portefeuille lors de l’utilisation de l’outil. Tu as même du support d’inclus grâce à la communauté.
C’est comme à l’épicerie. Ce n’est pas le magasin qui produit tous ces produits-là. C’est des humains, des artisans.
C’est la force du concept.
C’est beau.
Lorsqu’un développeur exténué et/ou tanné arrête, on n’entend pas toujours l’arbre tombé dans la forêt.
Et là c’est triste.
Et si en plus c’est devenu une détresse de supporter un outil qui devient la norme dans un domaine. C’est dangereux, on ne doit pas amoindrir la détresse psychologique dans aucun cas.
Au contraire, ça devrait soulever la poussière de toute la forêt pour qu’on se réorganise pour éviter que d’autres arbres tombent et fasse mourir la forêt avec de l’air irrespirable.
Mais quand on doit se réunir et mettre du temps dans un projet, ça compte même si ce n’est pas toujours de l’argent.
L’open source n’est pas gratuit, mais un bien commun.
Est-ce qu’on profite des développeurs open source ?
Ça dépend du contexte : “comme toujours”, dit ma voix intérieure.
L’idéal c’est de développer et de supporter l’open source dans un contexte d’entreprise. La compagnie gagne avec un outil ouvert, réutilisable, des développeurs concentrés avec la vision du bien commun et potentiellement une communauté de développeurs qui aime ta marque.
C’est vraiment un win-win. (écris-moi si j’ai des œillères ici).
Personnellement, je n’ai pas d’outil open source grandement utilisé, mais ceux que j’utilise j’essaye de m’impliqués comme je peux avec de bonnes issues bien documenter et potentiellement un fix avec un pull request.
La détresse de l’open source existe
Malheureusement, il y en a plein d’exemples. Ce n’est pas toutes les entreprises qui sont bonnes citoyennes.
L’histoire qui a initialement soulevé mon besoin d’écrire ce texte, c’est celle de @marak. Sa détresse de janvier 2022 avec faker.js et color.js a éclaté et il a ajouté du code délibérément inutilisable pour soulever sa frustration. (lire l’article sur bleeping computer du 9 janvier 2022 ou l’article de the verge du 9 janvier 2022
L’histoire de @marak n’est pas la première comme c’est décrit dans l’article de the verge, la faille de heartbleed (avec openSSL) et même celle de log4j (de décembre 2021) a été réglée par des programmeurs de l’open source.
Daniel Stenberg le développeur de cURL (une librairie que tu as présentement dans ton téléphone, sur ton ordi et probablement dans ta tv) aussi aurait vécu le même genre de frustration.
Et là, je n’ai pas creusé, c’est venu à moi. Je le ressens dans des projets que je regarde dans les bugs, dans les projets que personnellement j’utilise et que je ne prends pas le temps de donner, aider, etc.
C’est dans l’idéologie
Certains diront : “Si tu penses comme ça c’est que tu ne devrais pas investir du temps dans le développement open source.”.
C’est vrai. Écoute-toi. Tu n’es pas obligé de participer au bien commun du développement. Tu peux juste l’utiliser. Si c’est là, c’est que le développeur a eu besoin de ce code-là et le partage pour t’aider.
Il ne faut juste pas s’attendre à des trucs inclus.
Mais la phrase qui me vient tout de suite après c’est : quand tu seras prêt, tu participeras.
C’est quoi les solutions ?
Ce n’est pas vraiment des solutions, mais plus de petits pas à suivre pour changer les méthodes.
Il faut que les entreprises en fassent une idéologie, une mission. Chaque agence devrait allouer du temps rémunéré pour son équipe afin de participer à sa communauté de développement. Les entrepreneurs devraient aussi commanditer les développeurs qui aident leur plan d’affaires.
Plusieurs entreprises le fond déjà même s’elles ne le mettent pas de l’avant. Je crois qu’on devrait l’afficher plus et le partager plus.
Gardez vos interactions avec les développeurs civilisés et respectez leur temps. Phil Sturgeon a fait une licence qui décrit bien cette interaction je trouve : don’t be a dick.
Le modèle freemium, le seul viable ?
J’aimerais ça que non, mais j’ai l’impression que oui.
Qui devrait payer pour le financement ?
Ceux qui croient dans le projet et qui l’utilise, mais à un certain niveau ce n’est pas possible. Il y a souvent un minimum de plusieurs centaines de projets open source nécessaire pour bâtir un projet web.
La machine du code ouvert continue à fonctionner grâce à ceux qui y collaborent et ceux qui commanditent les développeurs.
Ce que j’aimerais que tu retiennes
- Quand tu utilises un projet open source, ne prend pas pour acquis que le support est inclus.
- Quand tu trouves un bug, une faille ou un problème de DX. Prends le temps d’ouvrir une issue sur leur plateforme de gestions. En gardant un ton diplomatique (don’t be a dick pour cité la DBAD licence) et documente bien ce que tu observes, ce que tu attendais qui se produise, comment le reproduire et des pistes de solutions.
- Quand tu peux, donne des sous aux projets qui t’en apportent ou que tu utilises.
- L’open source ce n’est pas gratuit.
- L’open source c’est le bien commun.
Vous, vous verriez d’autres solutions ? Écrit moi si tu penses à des trucs suite à ta lecture.
Petit lexique de l’infolettre
DX : développer expérience, comme le UX ou le CX mais pour l’expérience de développement avec l’outil.
Pull request : action d’inclure du code dans un projet venant d’une fourchette. Un pull request est un moyen de gérer la collaboration entre développeurs.
Fix : Nom commun pour désigner la résolution d’un bogue avec d’autres codes. On peut entendre : “j’ai réglé le problème”.
Bien commun : un élément qui n’appartient pas nécessaire à personne, mais qui est utiliser par plusieurs qui est supporter par un petit nombre de personne. Parc d’une ville, routes, projet open source, etc.
Le mois en rafale
Mes découvertes
40 ans de programmation
C’est plus un article, mais j’aime toujours lire ces articles de programmeurs avec beaucoup d’expérience. C’est inspirant, instructif et ça aide à voir plus grand que notre clairière.
Artsdata sort son site web de knowledge graph
C’est génial ce qu’il font. Ils ont maintenant la version 2 de leur site. On peut maintenant passer à travers leur base de données graph.
Ils aident les événements culturels à être plus découvrable en les mettant dans le web sémantique.
De la musique fait avec les métas données de plantes
Romina S. Romay is an orchestra conductor, composer, and pianist from Argentina, involved in research-creation projects that integrate new technologies and often address themes related to nature, life, and ecology. (J’ai rencontré Romina au Forum d’avantage numérique lors de sa conférence 2024)
La vitrine
Un projet génial au Québec qui lui aussi aide la découvrabilités des événements.
Pour qu’une pleine citoyenneté culturelle puisse s’exercer à l’échelle du Québec, La Vitrine fait la promotion de la culture en permettant de découvrir l’offre culturelle et en la valorisant activement.
Le permacomputing
J’ai rencontré ce concept ce mois-ci. Et je suis fasciné. J’ai l’impression que ça adresse un des plus grand paradoxe de la transition énergitique et de l’ère du numérique. Le continuel renouvellement de la flotte d’appareils pour toujours avoir plus de puissance.
Nouvelle
Getting ready for Web Distribution in the EU
Web Distribution, available in a software update later this spring, will let authorized developers distribute their iOS apps to EU users directly from a website the developer owns and operates. Apple will provide access to APIs that facilitate the distribution of developers’ apps from the web, integrate with system functionality, back up and restore users’ apps, and more. Apps offered through Web Distribution must meet Notarization requirements to protect platform integrity, like all iOS apps, and can only be installed from a website domain that the developer has registered in App Store Connect.
En gros, les développer d’application dans l’EU pourrons donnez accès à l’installation de leur application via le navigateur.
Mon outil
Je présente un outils du mois, soit en mode testé et approuvé, soit en test ou soit en découverte.
C’est mon outil de sauvegarde du web. Mozilla l’a inclus dans Firefox. Ça permet d’enregistrer des articles (page web) en format sans style. Pour la lecture.
Je m’en sert pour mes notes et pour la lecture pour plus tard. Pocket fonctionne même dans les tablettes de lecture comme kobo et via courriel.